Message de Noël 2007

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres

a vu se lever une grande lumière » ( Is 9, 1 )

Chers frères et sœurs,

Joyeux Noël 2007 !

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » ( Is 9, 1 ). Tel est le cri de joie qui sort de la bouche du prophète Isaïe dans la première lecture de la messe de la nuit de Noël. Le prophète insiste : « sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre une lumière a resplendi » (Is 9, 1). Cette prédiction d’Isaïe évoque un moment précis de l’histoire du peuple d’Israël qui, se trouvant alors dans une situation de grande désolation, sous l’oppression des puissances étrangères, marchait dans les ténèbres. La grande lumière qu’il vit est le salut opéré par Yahvé, en le libérant du joug de l’ennemi et lui apportant une grande abondance des biens. Ce que Dieu opère ainsi en faveur de son peuple est la réalisation des promesses faites à ses Pères. Noël, c’est aussi la réalisation d’une promesse et qui s’exprima maintes fois par les Messagers de Dieu, entre autres par la bouche du prophète Isaïe dans le passage que nous avons lu au deuxième dimanche de l’avent : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines… » (Is 11, 1). Dieu a donné sa parole, parole d’honneur ! Il a tenu la parole donnée.

Bien aimés du Seigneur,

Je voudrais, en la fête de Noël de cette année, méditer avec vous sur la Parole de Dieu à partir de la fidélité de Dieu à la parole donnée dont l’une des manifestations est la naissance de son Fils dans une crèche.

L’Ancien Testament nous présente des expériences impressionnantes mettant en évidence la fidélité de Dieu. Lorsque Dieu promet à Abram de faire de lui une grande nation (cf. Gn 12, 2), il mettra tout en œuvre pour que cela se réalise. Alors que Sara, épouse d’Abram, est stérile, Dieu intervient en faveur d’elle pour qu’elle conçoive même dans sa vieillesse (cf. Gn 21, 1-3). Isaac, fils d’Abram, trouve la même grâce devant Dieu qui lui promet protection, bonne terre et nombreuse descendance (cf. Gn 26, 2-4) ; Dieu tiendra sa parole : il protégera Isaac dans les moments difficiles (cf. Gn 26, 32). C’est dans un songe que Jacob entendra cette voix du Seigneur : « Je suis le Seigneur, Dieu d’Abraham ton père et Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu couches, je la donnerai à toi et à ta descendance. Ta descendance sera pareille à la poussière de la terre. Tu te répandras à l’ouest, à l’est, au nord et au sud… » (Gn 28, 13-14). Tout comme à Abraham et Isaac, Dieu accomplira ses promesses faites à Jacob ; il tiendra sa parole fidèlement. Les « fils d’Israël implantés en Egypte fructifièrent, pullulèrent, se multiplièrent et devinrent de plus en plus forts : le pays en était rempli » (Ex 1, 7). Lorsque le Seigneur a décidé d’intervenir en faveur des Hébreux en les faisant monter de la misère d’Egypte vers le pays du Cananéen (cf. Ex 3, 16-17), il le fera effectivement : les fils d’Israël sortiront d’Egypte par la main puissante de Dieu et celui-ci les guidera jusqu’à la terre promise. Combien de fois le peuple juif n’a-t-il pas connu l’exil ? Combien de fois, le Seigneur, dans sa fidélité, n’a-t-il pas tenu sa parole de ramener son peuple de l’exil ?

Fils et filles de Dieu,

Il apparaît clairement que la relation de Dieu avec l’humanité est une histoire de fidélité. Depuis les Patriarches, nos ancêtres dans la foi, jusqu’à l’avènement de Jésus-Christ, Dieu a tenu ses promesses à son peuple malgré ses infidélités. Le livre du Deutéronome qualifie Yahvé de « Dieu fidèle » (Dt, 7, 9) ; dans le livre de l’Exode Dieu est présenté comme un Père « lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » (Ex 34, 6). C’est cette longue expérience que l’auteur de la lettre aux Hébreux dans la seconde lecture de la messe du jour de Noël, exprime en ces termes : «Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ; mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, Dieu nous a parlé par ce Fils qu’il a établi héritier de toutes choses… » (He 1, 1).

Noël, c’est Dieu lui-même qui vient sauver son peuple. Il réalise ainsi ses promesses ; il reste ainsi fidèle à ses paroles malgré les épreuves que cette fidélité implique. Oui, l’envoyé personnel de Dieu, son Messager direct, son propre Fils, ce merveilleux Conseiller, ce Dieu puissant et souverain choisit de naître dans la pauvreté et au milieu des pauvres. Il choisit des conditions humbles et pauvres de naissance. Il renonce volontiers aux honneurs et à l’opulence des palais royaux, lui le Roi des rois. Sa grandeur et sa puissance, qui le tenaient trop distant de l’homme, s’effacent devant ce choix délibéré pour une vie simple et humble : il s’abaisse et s’approche de l’homme pour partager sa condition de vie, excepté le péché, faire route avec lui, sans protocole, car il tient à réaliser sa promesse de vivre dans une proximité amoureuse avec l’humanité pour mieux la libérer du mal. Au regard de l’expérience de Dieu, la fidélité est une réalité qui accepte le sacrifice par respect de la parole donnée.

Devant l’humilité et la simplicité, la souffrance et le rejet auxquels Dieu a consenti dans la naissance de son Fils dans des conditions d’extrême pauvreté en vue d’être fidèle à la parole donnée, nous ne pouvons pas rester indifférents. Oui, Noël, c’est Dieu qui nous invite à entrer, à notre tour, dans l’histoire de fidélité, fidélité envers nous-mêmes, fidélité les uns envers les autres, fidélité envers Dieu. En s’incarnant, le Fils de Dieu vient réhabiliter l’image de Dieu en l’homme. La fidélité à la parole donnée caractérise Dieu à l’image duquel l’homme et la femme ont été créés (cf. Gn 1, 27). Si nous ne sommes pas fidèles à la parole donnée, nous défigurons le visage de Dieu en nous. Dieu nous invite donc à entrer dans son histoire en tenant pas à pas et quotidiennement la parole donnée, fidélité à renouveler face aux divers appels que Dieu nous adresse dans notre vie. Par le baptême et la confirmation, dans chaque sacrement célébré, nous engageons notre honneur, nous promettons à Dieu et aux autres une manière de vivre et de faire. Chacun de nous, dans sa vocation propre, prend des engagements particuliers. Les hommes mariés se disent, entre autres, l’un à l’autre : « je te reçois comme époux ou comme épouse et je me donne à toi pour t’aimer fidèlement tout au long de notre vie ». Les clercs, la promesse au célibat est faite à l’ordination diaconale où le candidat doit répondre librement et publiquement à cette question : « en signe de votre attachement au Christ Seigneur, voulez-vous, devant Dieu et devant l’Eglise, garder toute votre vie le célibat, pour le royaume des cieux, dans le service de Dieu et de vos frères ? » ; le candidat qui veut s’engager répond : « Oui, je le veux ». Une formule similaire est utilisée pour les religieux et religieuses. Dans le même sens, les personnes célibataires, jeunes ou adultes, s’engagent à vivre correctement leur état de célibataire.

Chers frères et soeurs,

A la lumière de la fidélité de Dieu, il convient de réfléchir sur le sens et l’importance de la parole. Le ciel et la terre ont été créés à la parole de Dieu. Il dit une parole et ce qu’il dit vint à l’existence. Sa Parole est devenue chair en Jésus-Christ pour notre salut. En effet, Jésus-Christ est la récapitulation de toutes les promesses de Dieu dans l’Ancienne Alliance. C’est le « Oui » éternel de Dieu et sur lequel Il ne reviendra pas. Nous n’ignorons pas non plus l’importance de la parole dans notre culture. Qui d’entre nous, en effet, n’a pas peur des paroles de malédiction de son père ? Et qui par contre ne recherche pas celles de bénédiction ? Notre culture connaît la valeur sacrée de la parole et son efficacité. Dès lors, diacres, prêtres, religieux, religieuses, vous avez donné publiquement votre parole – parole d’honneur – de vivre dans le célibat. Vous, frères et sœurs mariés, vous avez donné publiquement votre parole – parole d’honneur – de rester fidèle à votre conjoint jusqu’à la mort. Que vous ayez connu des moments de faiblesse où vous avez manqué à la parole donnée, cela se comprend. Mais quand vous vous installez dans l’infidélité à la parole donnée de façon scandaleuse, diacre, prêtre, religieux, religieuse, prenant même des dispositions pour consolider l’infidélité (construire une maison pour une concubine en vue de la cohabitation), êtes-vous véritablement le fruit de notre culture où la parole a une valeur sacrée ? Etes-vous encore le pasteur du peuple, le ministre de Dieu qui, lui, est toujours fidèle à sa parole ? Pareillement, vous les mariés, en commettant des adultères avec d’autres femmes ou hommes, ou en répudiant ou prenant une seconde femme ou un deuxième époux caché, êtes-vous encore de la culture de chez nous où la parole donnée est sacrée ? Dans un tel comportement, quel sens peut-il encore y avoir à donner sa parole jusqu’à la mort le jour de son ordination, de ses vœux, de son mariage ?

Faisons chacun son examen de conscience : chers mariés, que faites vous de vos promesses matrimoniales : votre volonté de n’avoir qu’une seule femme ou un seul époux ? votre volonté de vivre ensemble avec ce seul compagnon et cette seule compagne ? votre volonté de vous accepter mutuellement dans le meilleur comme dans le pire ? votre volonté de vous respecter mutuellement comme des être égaux créés à l’image de Dieu ? Vous, chers prêtres et diacres, religieux et religieuses, qu’est devenue votre promesse de vivre le célibat en vue du ministère et du Royaume ? Le prêtre représente le Christ-Tête au milieu de la communauté chrétienne. Il est appelé à être le premier à témoigner de l’exemple de la fidélité du Christ. Quel courage moral et quelle conviction peut-on encore avoir à prodiguer des conseils à un couple au bord de la rupture ou rongé par des infidélités, dès lors que vous-même, prêtre ou diacre, vous vous moquez de vos propres engagements en entretenant clandestinement voire même publiquement femme et enfants ? Oui, l’exemple vient d’en haut. Les infidélités notoires du clergé comme des religieux et religieuses dans leurs engagements au célibat suscitent la confusion dans la conviction chrétienne de nos fidèles, fragilisent nos communautés et favorisent le sectarisme. N’oublions pas que les péchés des chrétiens, particulièrement ceux des diacres, prêtres, religieux et religieuses, diminuent la crédibilité de l’Eglise. En sommes-nous suffisamment conscients ?

Chers fidèles et amis de Dieu,

Il est vrai qu’au moment où l’on fait des vœux, la promesse du célibat ou de fidélité dans le mariage, on s’engage dans un avenir inconnu. Celui qui donne sa parole ne peut savoir à l’avance exactement où cette parole le mènera. Faut-il pour autant penser que c’est un non sens que d’offrir un futur qui ne peut être connu à l’avance ? Mais qui peut prétendre savoir ce qu’il vivra le lendemain ? La parole qu’un chrétien ou une chrétienne donne le jour de son ordination, de ses vœux ou de son mariage est le fruit d’un discernement de la parole d’un homme mûr, mais c’est surtout une parole éminemment de foi, d’espérance et de confiance en Dieu qui, le premier, a prononcé des vœux pour nous, le premier nous a fait des promesses et Il a tenu sa parole : l’on se remet soi-même dans les mains de Dieu. Mais c’est justement cette foi, cette espérance et cette confiance fortes qui font relever des chutes et élever le regard vers le Dieu de miséricorde pour demander pardon dans le sacrement de pénitence et implorer la force de recommencer une nouvelle vie, dans une attitude exactement contraire à celle où l’on prend des dispositions qui installent dans une infidélité permanente à la parole donnée. Est-ce par désespoir que l’on agit ainsi ? Pourtant la confiance en ce Dieu qui nous a donné sa Parole de salut et qui reste fidèle à la parole donnée ne peut pas ne pas sauver. Certes, l’avenir est inconnu, mais on s’y engage confiant, sachant qu’on a à faire à ce même Dieu qui présenta de façon inattendue le bélier à Abraham pour le sacrifice ( cf. Gn 22, 11-13). Il est vrai aussi qu’une personne liée par une promesse ou un vœu peut se sentir, malgré tous les secours que la communauté lui apporte, dans l’incapacité de tenir encore sa parole. Pour vivre dans la vérité, la seule qui libère, et éviter l’hypocrisie et ne pas faire du visage de l’Eglise une caricature, il existe pour les diacres, prêtres, religieux et religieuses se trouvant dans pareille situation la possibilité de recours à une dispense ; pour les personnes mariées, là où le mariage a été conclu conformément à la loi de l’Eglise, la séparation des corps n’est pas exclue.

 

Au nom de la fidélité de notre Dieu, dont la preuve nous est manifestée dans l’humilité et la simplicité du Fils de Dieu qui gît dans la crèche au milieu des bêtes, permettez-moi, chers frères et sœurs, de vous demander de vous montrer dignes de votre vocation chrétienne et des engagements que chacun et chacun de vous prend. La fidélité à la parole donnée révèle notre maturité humaine et chrétienne ; elle indique notre capacité d’assumer des responsabilités au sein de la nation et de l’Eglise. Ainsi, les infidélités à la parole donnée ne heurtent et ne blessent pas seulement l’Evêque, elles provoquent, par leur nature, une frustration de la communauté toute entière. S’il est vrai que la responsabilité première d’interpeler revient à l’Evêque, il n’en demeure pas moins vrai que c’est ensemble que nous devons dénoncer les diverses infidélités, dans le respect dû à la dignité humaine des personnes concernées. Dans le domaine du mariage et du célibat ecclésiastique, la voie la plus efficace pour récolter de nombreux et bons fruits c’est celle du respect personnel de la parole donnée. Admettons que toutes les femmes refusent les avances faites par des hommes qui ne sont pas leurs maris, je suis sûr que cette attitude bloquera la poussée de l’homme vers l’infidélité, à moins qu’il use de la force, ce qui devient du viol. Le contraire est aussi vrai : si nous les hommes n’allons qu’avec celles qui se sont unies à nous par des liens religieux ou civiles officiellement reconnus, les femmes se sentiront barrées dans leur volonté de se prostituer ou de se constituer en bureaux secondaires.

Bien aimés du Seigneur,

C’est avec une grande admiration et sincère reconnaissance que je me tourne vers ces jeunes, ces hommes et femmes mariés, ces religieux et religieuses, ces diacres et prêtres qui s’efforcent quotidiennement et au prix de multiples sacrifices de respecter leurs engagements, de tenir la parole donnée, d’être fidèles aux promesses faites. Allez de l’avant, ne vous laissez pas décourager par des exemples d’infidélité. L’infidélité des uns ne doit pas devenir un prétexte d’infidélité pour les autres, au contraire, cette situation doit susciter en nous le courage de mettre tout en œuvre pour aider l’autre. A vous chers frères et sœurs : jeunes ou adultes célibataires, mariés, religieux, religieuses, diacres et prêtres, qui bafouez les promesses faites, qui ignorez les engagements pris, qui ne respectez pas la parole donnée, au nom du Seigneur, je demande d’ouvrir le cœur à Dieu notre Père : Il est miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté ; il reste fidèle à des milliers de générations, supporte la faute, la révolte et le péché, mais ne laisse rien passer et il poursuit la faute des pères chez les fils et les petits fils sur trois et quatre générations (cf. Ex 34, 6-7). Ne jetez pas par terre votre dignité de chrétiens, de mariés, de religieux, de religieuses, de diacres et de prêtres. Notre capacité d’être fidèle révèle la profondeur de notre foi, de notre espérance et de notre charité.

Comme pour toute valeur, la valeur de fidélité est un don de Dieu, mais qui n’est pas facile à vivre. C’est pourquoi nous devons la demander sans cesse, dans un cœur désireux de l’accueillir et de la faire fructifier. C’est principalement le travail de la prière, de la méditation de la parole de Dieu pour nous laisser nourrir par l’expérience de Dieu mais aussi par sa grâce. Dans la même ligne, la lecture spirituelle nous mettra en contact avec les diverses expériences de fidélité vécues par des personnes humaines concrètes, hommes et femmes, tout au long de l’histoire, personnes qui ont su tenir la parole donnée. Ces expériences ne pourront que nous aider à mieux vivre notre fidélité. Nous ne devons pas négliger d’être solidaires les uns des autres pour une entraide mutuelle. En nous ouvrant les uns aux autres, dans l’humilité et la simplicité, nous nous disposons à accueillir les interpellations des autres, mais aussi nous devenons capables de prodiguer aux autres, dans le respect de leur dignité humaine, des conseils utiles pour favoriser la pratique de la fidélité, surtout dans des domaines délicats et exigeants.

Chers frères et soeurs,

Avec saint Paul, osons dire : c’est le moment, l’heure est venue de sortir de notre sommeil ; la nuit est finie ; le jour est là ; rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière (cf. Rm 13, 11-12). Noël nous donne toujours un souffle et élan nouveaux, car devant le témoignage de Dieu en Jésus-Christ, nous prenons conscience que la fidélité à la parole donnée est possible à chacun de nous même si cela coûte. La fidélité ne concerne pas que nos engagements du mariage ou du célibat ecclésiastique, elle touche aussi nos promesses faites dans le cadre de notre thème pastoral : « Makuku matatu matelimina nzungu, tous prenons réellement notre Eglise en charge » ; « Makuku matatu matelimina nzungu, betu kukipesa betu yonso na kusadisa Dibundu ya betu na bukieleka na bamfunu na yandi yonso » ; « Makuku matatu matelimina nzungu, tukivananu betu boso mu sadisa mu bukiedika-kiedika Dibundu dietu mu minkinza miandi mioso. » 

D’autre part, la méditation sur le sens de la fidélité dans nos vies nous pousse aussi à faire un examen de conscience sur le sens de la démocratie dans notre pays après les élections et la mise en place des institutions issues des élections. Tant de choses nous ont été promises lors des élections, tant de promesses dans la mise en place des institutions. C’est sans doute trop tôt pour faire un bilan exhaustif, mais chacun pourrait déjà se rendre compte que dans beaucoup de cas nous avons été trompés ; nous nous sommes laissés prendre par des fausses promesses, non réalisées. Cessons donc d’être naïfs et craintifs. Un homme averti en vaut deux. Vous, agents pastoraux, notamment les prêtres, éclairez les gens autant que posible sur ce que signifie une gouvernance participative qui voudrait voir tous les congolais participer chacun à son niveau, à la gestion du patrimoine national avec une conscience nouvelle. Cet éclairage suppose un effort d’alphabétisation qui essaie d’élever tous les citoyens et toutes les citoyennes à un niveau de compréhension et d’appropriation du processus démocratique. Dans ce travail, une attention particulière doit porter sur l’éducation et l’accompagnement de la jeunesse pour en faire une ressource humaine potentielle positive pour la poursuite future du développement intégral du pays. Oui, l’ heure a sonné pour que l’on éduque le peuple à la prise de conscience et à la citoyenneté responsable. Nous devons apprendre aux jeunes à connaître leur pays et à l’aimer. C’est à cette condition seulement que nous pourrons reconstruire notre pays, le Congo Démocratique.

Chers frères et sœurs en Christ,

La Parole de Dieu résonne même dans les oreilles des sourds ; c’est elle précisément qui met fin à la surdité et à la cécité. Laissons donc cette parole pénétrer dans nos cœurs et les transformer pour qu’ils rejoignent la chorale céleste et chantent avec elle : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » ( Lc 2, 14 ). C’est cette paix que je vous souhaite au fond du cœur. Et que l’année 2008 soit pour chacun de vous une année de paix, de joie, d’excellente santé, de réussite, de prospérité et de bonheur ; une année au cours de laquelle chacun s’efforcera de réaliser ses promesses, d’être fidèles à ses engagements. Amen.

Donné en l’Eglise Cathédrale Notre Dame de l’Assomption,

Boma, le 24 décembre 2007, Veillée de Noël

 

Mbuka Cyprien, cicm

Évêque de Boma