Message de Noël 2010

 

« Et le Verbe s’est fait chair et Il a habite parmi nous…» ( Jn 1, 14 )

Chers frères et sœurs,

Joyeux Noël 2010 !

1.     Lorsque dans notre pays, en RDC, on avait supprimé la célébration des fêtes religieuses en semaine, une seule fête a été épargnée : la fête de Noël. Il faut en effet le reconnaitre, la fête de Noël a un caractère universel et populaire ; elle fait partie des fêtes de fin d’année. C’est l’occasion pour des milliers d’hommes et femmes de s’efforcer  de bien manger, de bien se vêtir, de rendre visite à des amis et connaissances, d’envoyer des cartes des vœux ou des SMS d’affection. En cette période de l’année, chez nous même la nature présente une face généreuse et joyeuse : les pluies sont là, les plantes germent, le paysage est couvert de fleurs, les fruits murissent. Véritablement, « le ciel se réjouit, le monde est en fête »

Chers frères et sœurs,

2.     Nous aussi vivons dans cette atmosphère ; c’est normal, c’est une bonne chose. Mais comme chrétiens, nous devrons vivre cela à la lumière de la Parole de Dieu. Comme nous dit saint Paul dans sa lettre aux Colossiens : quoi que nous puissions faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père (cf. Col 3, 17).

 

3.      Parcourant les divers textes de la Parole de Dieu proclamée en cette fête de Noël, nous sommes touchés par l’insistance sur l’amour gratuit de Dieu pour son peuple. Sans attendre d’être payé, Dieu prend l’initiative de venir habiter au milieu de nous, parmi nous, avec nous et pour nous ; Il accepte de partager nos joies et nos peines. Cette présence amoureuse nous apporte la vie et la joie, elle promeut le droit et la justice, elle favorise la paix, elle rassure les faibles, elle libère les prisonniers, elle suscite l’espérance. Le mystère de Noël est une preuve que Dieu ne se contente pas de parler, mais Il agit ; Il ne se contente pas de nous envoyer des délégués, mais Il s’approche personnellement de nous, Il se fait chair et Il habite parmi nous (cf. Jn 1, 14). Si le Fils de Dieu est venu jusqu’à nous et a partagé  notre condition de vie c’est pour purifier nos cœurs (cf. Tt 2, 14) et nous rapprocher de Dieu. En effet, à tous ceux qui l'accueillent, il donne pouvoir de devenir enfants de Dieu (cf. Jn 1, 12).

 

4.     Cette venue du Fils de Dieu parmi nous, empreinte de simplicité et d’humilité, d’attitude respectueuse et droite, touche et transforme les cœurs de ceux qui sont simples et humbles. Touchés par la tendresse de Dieu, les hommes et les femmes au cœur droit et humble  deviennent, à leur tour, des messagers de la paix et de la bonne nouvelle. Aux paroles de l’ange, les bergers vinrent en hâte trouver Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche, et ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant (cf. Lc 2, 17-18) ; ils « s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé » (Lc 2, 20).

 

Par contre, ceux qui sont marqués par la convoitise de ce monde : pouvoir, argent, jouissances égoïstes, hommes et femmes vantards sèment la terreur et détruisent la vie ; c’est le cas d’Hérode et de ses collaborateurs qui, sans gêne ni scrupule, massacrent des enfants innocents.

 

Bien-aimés du Seigneur,

5.     Oui, le Fils de Dieu est venu chez nous pour que nous ne périssions pas mais que nous ayons la vie éternelle (cf. Jn 3, 16).  Voilà le message du mystère de Noël ; cela n’est pas seulement à entendre et à vivre maintenant et ici ; ce message ne concerne pas que  les autres ; c’est un message pour nous tous et à vivre tous les jours dans nos CEVBs, dans nos paroisses, dans nos communautés, dans nos lieux de travail, dans nos famille, dans nos cœurs.

 

6.     Pour nous chrétiens donc, célébrer Noel c’est contempler le Fils de Dieu couché dans la crèche en nous laissant toucher par sa proximité, proximité de Dieu. Ainsi Noel nous fait découvrir un Dieu qui exalte les humbles et promeut la solidarité. Telle est la bonne nouvelle dont nous devons devenir les messagers, et cela par notre manière de travailler et de vivre les relations les uns avec autres.

 

7.     Dans ce sens, la fête de Noël n’est pas simplement le fait de bien manger, de bien boire et de bien se vêtir ; elle est d’abord, pour nous chrétiens, une occasion de  partager les joies et les peines des uns et des autres, d’être proches des personnes rejetées et abandonnées par la société. L’attention qui se nourrit du message de Noël ne se limite pas à s’apitoyer sur la situation malheureuse de l’autre, mais elle va jusqu'à l’engagement gratuit et affectueux aux côtés  de l’autre pour lui apporter un peu de soulagement dans ses peines, un peu de joie dans ses tristesses, un peu de paix du cœur aux heures d’angoisse, un souffle d’espérance aux moments de désespoir. Nous en avons l’expérience : un sourire affectueux, une main paisiblement tendue, une visite amicale, une salutation fraternelle, une parole d’encouragement, un conseil cordial, un regard respectueux, une attitude simple et humble, une remarque discrète valent beaucoup plus que l’argent et l’or.

 

Chers frères et sœurs,

 

8.     Je voudrais avec vous revisiter notre thème pastoral de cette année à la lumière du message de Noël. Ce thème nous invite à être « des Chrétiens adultes et engagés pour le progrès de nos CEVB et le bien-être de notre pays ». Dans la perspective du message de Noël,  nos CEVBs sont appelées à devenir des lieux de proximité avec Dieu et avec les autres, dans la prière, l’entraide, la solidarité, le partage des joies et des peines des uns et des autres, l’attention aux démunis, et dans le travail en équipe. De la même manière, le message de Noël jette une lumière sur notre engagement au bien-être de notre pays ; suivre le Fils de Dieu qui vient de naitre dans la crèche: c’est aimer tout ce qui aide son pays à se développer ; c’est instaurer parmi les citoyens des relations de proximité fraternelle.

 

Bien-aimés du Seigneur,

9.     Aux approches de l’année 2011, il va de soi que nous pensions aux élections tant attendues. Les personnes, hommes et femmes, auxquelles nous donnerons nos voix ou sur lesquelles nous porterons notre choix doivent être des témoins du mystère de Noel. Comme le Fils de Dieu venu habiter parmi nous, ces personnes, dans leur vie concrète, personnelle, familiale,  sociétaire et professionnelle, doivent faire preuve de simplicité, d’humilité, de justice et de droiture ; elles doivent être  des « Conseillers-merveilleux », des « Princes-de-paix » (cf. Is 1, 5), des personnes amoureuses et protectrices de la vie ; des personnes capables  de promouvoir des lois et des institutions qui s’opposent à tout comportement qui tue la vie humaine : l’avortement ; la pratique de la sorcellerie ; l’abandon des enfants ou des personnes fragilisées par la maladie, le handicap physique ou mental, l’âge ; des personnes prêtes à lutter contre des situations inhumaines. Il est évident que celui qui n’est pas capable de gérer son foyer, son entourage, ses collaborateurs du service ; celui qui ne se préoccupe que de lui-même, de sa famille ; celui  qui ne sait pas défendre les faibles et protester contre les injustices ne sera jamais capable de diriger ce pays ; ce pays a besoin d’hommes et de femmes forts, amoureux de leur nation, capables de sacrifices et de sens du bien commun.

 

10.                        Oui, ne pensons pas d’abord à l’argent, à l’or et aux dons, mais à la Bonne Nouvelle. Comme le dit le prophète Isaïe, ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, qui sont messagers  de bonnes nouvelles du salut  (cf. Is 52, 7).

 

Chers frères et sœurs,

 

11.                        L’année pastorale est déjà avancée, l’année civile commence bientôt ; aux mois avenir notre diocèse, une fois de plus, aura la joie de célébrer des jubiles divers : mariages, professions religieuses, ordinations presbytérales. Rendons grâce à Dieu. C’est un signe de maturité chrétienne. Bien plus, l’année 2011 est féconde en jubilés paroissiaux : Vaku, 100 ans ; Boma Sacré-Cœur, Muanda Cité Sainte Trinité et Tshela Mbanga Notre-Dame des Pauvres : jubilé d’or. Le calendrier de leur célébration sera établi en temps opportun. Ce sont des événements à caractère diocésain : préparons-nous spirituellement et matériellement à les célébrer dans le Seigneur. C’est l’occasion de vivre les valeurs de solidarité, de concertation, de coresponsabilité ; occasion de manifester notre proximité avec Dieu et entre nous.

 

 Chers frères et sœurs,

 

12.                        Un enfant est né à Bethléem dans l’obscurité d’ne étable. Nul ne l’aurait appris si des anges ne l’avaient annoncé à des bergers des environs. La célébration au cœur de la nuit révèle  le sens profond et l’extraordinaire portée de cette naissance cachée : «  Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi ». Dans nos prières et dans notre soutien fraternel de toute cette période des fêtes, n’oublions pas tous nos frères et sœurs qui ont été frappés par le vent et les intempéries de toutes sortes ces jours-ci. Que la lumière de l’Enfant de Bethléem brille aussi sur eux et leur donne un brin d’espoir. Ensemble, allons à la rencontre de ce Messie qui vient à nous  en lui ouvrant totalement notre cœur et en nous disposant à vivre le message de paix qu’il nous apporte.

 

Bien-aimés du Seigneur,

13.                        A vous tous et à chacun de vous je souhaite une fois de plus un joyeux Noël 2010. Que l’année 2011 soit pour chacun de vous une année de justice, de paix, de réconciliation, de pardon, de bonne santé et de prospérité. Amen.

 

Donné en l’Eglise Cathédrale Notre Dame de l’Assomption

Boma, le 24 décembre 2010,

Veillée de Noël,

Mbuka Cyprien, cicm

Évêque de Boma