Ouverture de l’année pastorale 2002
Makuku matatu…
Tous
solidaires pour bâtir notre Eglise

1. Le dimanche de l’épiphanie nous célébrons la
manifestation du Fils de Dieu à toutes les nations. La première lecture,
tirée du prophète Isaïe et la seconde, de la lettre de Saint Paul aux
Ephésiens, affirment que tous les peuples sont appelés à former un seul
corps dans le Christ et à vivre ensemble près de Dieu.
2. Dans nos crèches nous trouvons trois étranges
personnages, silencieux et mystérieux : un Blanc, un Jaune et un Noir.
Ils offrent des cadeaux au nouveau-né. C’est l’évangile selon Saint
Matthieu qui nous rapporte cette histoire. Ces trois personnages sont
qualifiés de « mages » ou parfois de « rois ». Ils sont partis de
l’Orient pour aller adorer le Seigneur et lui apporter leurs présents.
Après s’être révélé à des Juifs pauvres et incultes, maintenant le Fils
de Dieu se fait visiter par des représentants des nations païennes,
riches et cultivés. Alors que les autorités juives sont troublées par la
venue du Seigneur, des ressortissants des nations païennes au contraire
l’accueillent avec joie. Le message est clair : le salut de Dieu est
adressé à tout le monde sans exception ; c’est en communauté que nous
vivons notre foi ; l’appartenance à telle ou telle catégorie de
personnes n’est pas en soi critère de salut, encore faut-il s’incliner
avec reconnaissance devant le Maître de la vie.
3. Il y a exactement un an, dans son Exhortation
Apostolique Novo Millennio Ineunte du 6 janvier 2001, le pape
Jean Paul II invitait toute l’Eglise à aller de l’avant dans l’espérance.
Chaque Eglise particulière devait se livrer à un examen de sa ferveur et
trouver un nouvel élan pour son engagement spirituel et pastoral. Un an
après : qu’avons nous fait ? L’année qui s’ouvre : que comptons-nous
faire ? Ces questions s’adressent non seulement à l’évêque mais à tous
les chrétiens du diocèse.
2001 : année de grâce et d’action de grâce
4. L’année 2001 a commencé par un événement insolite
et triste : mon emprisonnement à la DEMIAP. Bien que malheureux, cet
événement a été pour le Seigneur une occasion d’éprouver les siens et
son Eglise qui est à Boma, et en même temps une manière de nous faire
contempler son amour en œuvre parmi nous. Nous ne pouvons pas ne pas
évoquer la chaîne de solidarité spirituelle et humaine tissée à partir
de cet événement. Dans nos différences, nous avons fait l’expérience
d’être tous frères et sœurs d’un même Père.
5. Si ce triste événement et le changement dans la
direction du diocèse ne lui ont pas permis de définir un programme
pastoral annuel, le diocèse a néanmoins récolté des fruits de ses
engagements spirituels et pastoraux. Dans le cadre des vocations à la
vie consacrée et apostolique, sans compter les divers aspirants et
postulants, nous avons célébré, chez les Sœurs Servantes de Marie de
Boma, deux jubilés d’argent, quatre professions perpétuelles et trois
temporaires ; chez les Frères de Saint Joseph de Boma, quatre
professions perpétuelles et une temporaire ; chez les Sœurs Servantes
des Pauvres, une profession perpétuelle ; chez les Auxiliaires de
l’Apostolat de Boma, une fille a été appelée pour un an ; quatre
engagements temporaires dans l’Association des prêtres du Prado. C’est
aussi au cours de cette même année que nous avons eu la joie de célébrer
le 7è Chapitre Général des Sœurs Servantes de Marie de Boma, à l’issue
duquel Dieu nous a donné une nouvelle équipe générale, conduite par Mère
Bernadette Nzemba Phuati.
6. A cette page des faits heureux nous notons aussi
le mariage religieux de 56 couples de la Légion de Marie célébré à
Muanda Cité, de 17 couples du Renouveau célébré à Boma Christ-Roi et de
15 couples du Mouvement familial célébré à Lukula. Nous n’oublions pas
les diverses célébrations des Mouvements d’Action catholique dont
principalement celle de Nkangu Vuvu avec l’ouverture officielle
de la Maison de Kangu et celle de la Ligue du Sacré-Cœur en session
diocésaine à Lukula.
7. Signalons aussi les Journées Sacerdotales, du 2 au
4 octobre. C’était une occasion pour tous les prêtres œuvrant dans le
diocèse de se retrouver autour de l’évêque dans la prière, la réflexion
et la fraternisation. Le processus de discernement qui a conduit à des
gestes de pardon et de réconciliation entre certains membres de notre
presbyterium y a trouvé un heureux aboutissement.
8. Tous ces événements nous invitent avec raison à
reconnaître les bienfaits du Seigneur sur son Eglise qui est à Boma.
C’est un motif de joie et d’action de grâce. Mais à présent, tournés
vers l’avenir, mettons-nous « en palabre » pour penser l’engagement
pastoral de l’année qui s’ouvre devant nous.
2002 : Makuku matatu. Tous solidaires pour
bâtir notre Eglise
9. Makuku matatu : telle est l’image-force du
thème pastoral de l’année 2002. C’est cette réalité qui inspirera notre
organisation pastorale. Nous savons tous ce que c’est le foyer «
indigène » utilisé par les mamans pour la préparation de la nourriture.
C’est un symbole suggestif pour nous. Le foyer rassemble, réchauffe,
ranime, cuit, chasse et tue les bestioles nuisibles, etc. Il est
généralement supporté par trois pieds ou piliers ( makuku ). Si
l’un des trois pieds se détache, le foyer perd son équilibre et tombe
inévitablement. C’est ainsi que la sagesse de nos ancêtres dit : «
makuku matatu matelimina nzungu ». Cette référence à une réalité
connue par la plupart d’entre nous, nous fera mieux comprendre le sens
et la dynamique du thème pastoral de cette année. Il s’agit de former
une seule famille au sein de laquelle chacun est appelé à jouer son rôle.
Par là, nous voudrions insister sur la solidarité de tous dans la
construction de notre Eglise.
10. Pour nous, ce regard culturel ne peut évidemment
pas se passer de la référence chrétienne. La Sainte Trinité est
l’éclairage indispensable dans la compréhension de l’Eglise comme une
famille au sein de laquelle les membres, bien que divers, sont
complémentaires en vue du bien de toute la famille. Le Dieu de Jésus-Christ
est en effet Un en trois Personnes. Les trois Personnes sont solidaires
pour un projet commun. Le témoignage des trois mages est riche de
message. Bien que des nations différentes, les trois sont devenus des
compagnons de route avec une unique et commune préoccupation :
rencontrer le Seigneur, l’adorer et lui offrir leurs présents.
Solidaires dans la recherche du chemin vers le Seigneur, ils sont
engagés dans une démarche marquée par une profonde quête de Dieu. Saint
Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, illustre bien cette réalité : les
dons que Dieu a fait à son Eglise, « ce sont des apôtres, des prophètes,
des évangélistes, des pasteurs et catéchètes, afin de mettre les saints
en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusqu’à
ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la
connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ
dans sa plénitude »( Ep 4, 11-13 ).
11. Nous référant à l’image de la Sainte Trinité,
éclairés par Saint Paul, suivant l’exemple des trois mages venus de
l’Orient et forts de la sagesse de notre culture, nous voudrions
souligner quatre idées-force pour l’année pastorale qui s’ouvre :
solidarité, concertation, coresponsabilité et sens du bien commun.
12. Les Makuku matatu, les trois piliers du
foyer diocésain sont : les laïcs, les membres de la vie consacrés et
les clercs. Entre eux il doit exister une saine inter-dépendance, qui
suppose que les uns rendent compte aux autres, aussi bien dans
l’engagement pastoral que dans la gestion financière. Dans le concret,
nous nous efforcerons de mettre en valeur les Organismes de dialogue et
de concertation : Centre Pastoral Diocésain, Commissions diocésaines et
paroissiales, Conseils paroissiaux, Mouvements d’Action Catholique. Il
s’agit de créer des espaces et des conditions qui permettent à ces
Organismes d’être opérationnels.
13. Le 5 janvier 2002, une rencontre a rassemblé
autour de l’évêque hommes et femmes, jeunes et adultes pris du laïcat,
de la vie consacrée et du clergé. C’était l’occasion d’échanger sur le
thème pastoral de l’année pour en faciliter la transmission à tous les
membres du diocèse. La célébration du 6 janvier 2002, ouverture
officielle de l’année pastorale, met en évidence la nécessaire
complémentarité de tous les membres du diocèse dans la construction de
l’Eglise. A cette célébration eucharistique sont présents des
représentants des Commissions diocésaines, des Mouvements d’Action
Catholique, du clergé et de la vie consacrée. Au cours de cette
célébration sont bénis et distribués le Vade-mecum du
prêtre diocésain, la brochure des Orientations et directives pour les
Commissions diocésaines, l’annuaire diocésain et le pagne
regroupant tous les Mouvements d’Action Catholique de notre diocèse.
Ce rite est un envoi en mission.
14. Le Vade-mecum est un guide pratique pour
la vie et le ministère du prêtre de notre diocèse. Sa finalité
essentielle est de promouvoir la solidarité, la coresponsabilité, la
concertation et le sens du bien commun. Les Orientations et directives
pour les Commissions parlent des attributions et du fonctionnement de
celles-ci. L’annuaire diocésain fournit quelques informations sur notre
diocèse. Le pagne consacré aux Mouvements d’Action Catholique est une
manière pour notre diocèse d’exprimer sa reconnaissance aux membres des
Mouvements d’Action Catholique pour leur travail et témoignage
évangéliques. Mais aussi une invitation à tous ces Mouvements à
travailler ensemble, dans la concertation et le dialogue en vue du bien
commun de toute la famille diocésaine. Par là, nous voulons que soient
bannis tout esprit de compétition malsaine. Au contraire nous leur
souhaitons de continuer à conjuguer leurs efforts pour animer la ferveur
spirituelle de notre diocèse, de ranimer notre générosité pour une plus
grande contribution aux besoins du diocèse et à l’assistance des
nécessiteux.
15. Toujours pour concrétiser le thème pastoral de
l’année, nous aurons à intensifier la pastorale de la famille. Nous
comptons beaucoup sur le Mouvement familial pour la sensibilisation.
Notre pastorale réservera une large place à des rencontres familiales pour
aider à refaire l’unité des couples en détresse, promouvoir des
célébrations des mariages des couples en attente, préparer des couples
encore non décidés et organiser des célébrations jubilaires.
16. A la suite des trois mages venus de l’Orient,
notre année pastorale devra être un véritable pèlerinage. Nous serons en
route vers la crèche : paroisse, communauté ecclésiale vivante de base,
sous-poste, communauté de quartier ou de village, Mouvement d’Action
Catholique, communauté religieuse, chacun ayant à la main un cadeau pour
le Seigneur. Dieu aime celui qui donne joyeusement ( 2 Co 9, 7 ).
Il faut que notre année pastorale soit marquée par une chaîne de
solidarité et de partage. Pour nous permettre de nous y préparer dès
maintenant, voici le calendrier des quêtes spéciales à organiser dans
toutes les paroisses, un dimanche au cours du mois indiqué ci-dessous.
Janvier (19 janvier) : Facultés Catholiques de
Kinshasa
Février : Caritas diocésaine
Carême de partage : Pour l’évêque en vue des Besoins
du diocèse
Avril ( 21 avril ) : Grands Séminaires
Août : Consacrés en Formation Initiale et Petit
Séminaire
Septembre : Université Président Joseph Kasa Vubu (
Boma )
Octobre ( 20 octobre ) : Propagation de la Foi (
Eglise Universelle )
17. Ces signes et tant d’autres devront attester
notre engagement chrétien. Les calendriers pastoraux au niveau du
diocèse et des communautés locales devront traduire en termes des
rendez-vous, des rencontres, des sujets de rencontres, des célébrations
du thème pastoral de l’année : Makuku matatu. Tous solidaires
pour bâtir notre Eglise. Nous souhaitons que l’enthousiasme et le
dynamisme dont nous faisons déjà preuve soient vraiment le fruit d’une
authentique solidarité entre nous tous, non seulement comme chrétiens
catholiques du diocèse de Boma, mais comme personnes humaines appelées à
composer avec tous sans distinction de race, langue, peuple et nation.
Que chacun entre dans la danse sans exclure personne ni s’exclure
soi-même.
18. Dans un an nous nous retrouverons ensemble pour
évaluer le chemin parcouru. Chaque entité ecclésiale et pastorale aura à
rendre compte du travail réalisé et à offrir au Seigneur le produit de
son engagement. Tout au long de l’année, des évaluations partielles
devront avoir lieu.
19. Tout en implorant sur chacun et chacune de vous
les bénédictions du Très Haut, je vous invite au pèlerinage diocésain,
guidés par l’étoile, les présents à la main, avec Marie notre Mère, en
route vers le Seigneur pour lui offrir le meilleur de nous-mêmes. Nous
soutiendrons notre marche par cette prière que nous réciterons chaque
jour tout au long de l’année pastorale dans nos divers rassemblements.
Dieu notre Père,
Par le baptême, Tu as fait de nous tes enfants et
membres de l’Eglise, ta Famille.
Dans la croissance de cette Famille,
Tu nous fais confiance en confiant à chacun sa tâche.
Tu sais ce que nous sommes.
Aide chacun de nous à remplir sa tâche à la manière
de Marie notre Mère,
dans la pleine conscience de sa responsabilité et en
collaboration sincère,
dans la vérité, la justice et le respect mutuel.
Solidaires, nous venons vers Toi, ô Père,
en compagnie de Jésus, ton Fils et notre Seigneur,
illuminés par ton Esprit créateur. Amen