Ouverture de l’année pastorale 2004-2005

Makuku matatu,

Dans la collaboration,

bâtissons au mieux notre Eglise

Makuku matatu,

Na kinthuadi,

betu tunga Dibundu ya betu

Makuku matatu,

Mu kithuadi

Tutunganu Dibundu dieztu

Am 6, 1. 4-7

1 Tm 6, 11-16

Lc 16, 19-31

En ce 26° dimanche de l’année C, nous lançons officiellement, en diocèse, l’année pastorale 2004-2005. Malgré l’étroitesse de notre Cathédrale, cette fois-ci nous avons tenu à célébrer cet événement dans l’Eglise mère du diocèse. C’est ici que les curés et administrateurs paroissiaux ainsi que les divers animateurs pastoraux vont entendre la parole de Dieu et le message essentiel qui nous accompagnera au cours de l’année pastorale, pour qu’à leur tour ils le répercutent auprès des fidèles qui leurs sont confiés. C‘est pourquoi, les curés et administrateurs paroissiaux sont invités à lancer officiellement l’ouverture de l’année pastorale dans leurs paroisses respectives le dimanche 21 novembre 2004, en la fête de Christ-Roi.

Dans l’Evangile d’aujourd’hui Jésus nous montre comment la vie d’ici-bas prépare celle de l’au-delà. Une vie de jouissance égoïste coupe à jamais de Dieu ; par contre, les épreuves d’une vie humiliée rapprochent du Christ souffrant. Aussi, dans la première lecture, le prophète Amos met-il les riches en garde contre leur fausse sécurité : au dernier jour, Dieu n’entendra que la plainte des opprimés. Dans sa première lettre à Timothée: saint Paul exhorte son disciple Timothée à vivre fidèle à Dieu, à être juste et bon envers les hommes, et à se battre pour la foi avec énergie dans l’attente du retour du Seigneur. Dans les trois lectures, le message essentiel est une interpellation lancée aux riches égoïstes qui ne pensent qu’à eux-mêmes, leur sort sera malheureux dans la vie future ; pour trouver grâce devant Dieu, il faut être juste et bon envers ses semblables.

Chers frères et sœurs,

Ce message vient nourrir notre foi en ce jour où, dans notre diocèse, nous ouvrons officiellement l’année pastorale, et donc jour où tous les chrétiens de ce diocèse sont invités à repartir du Christ avec un nouvel élan pour construire ensemble notre Eglise. Dieu nous demande aujourd’hui d’être attentifs les uns aux autres, surtout une attention envers les nécessiteux ; la richesse est une bonne chose dans la mesure où nous la mettons au service de nos frères et sœurs, et surtout en vue de soulager la misère des nécessiteux.

Depuis trois ans, notre action pastorale est guidée par un programme fondamental, à savoir : « Makuku matatu matelimina nzungu ». Comme je l’ai dit l’année passée, ce programme entend souligner le fait que nous voulons bâtir notre Eglise en mettant en évidence les valeurs de solidarité, de concertation, de coresponsabilité et de sens du bien commun. L’évaluation de l’année pastorale précédente avait relevé comme préoccupation majeure le fait de bien connaître notre Eglise et de témoigner de notre vie de membres de cette Eglise. C’est compte tenu de cette préoccupation que nous avions été amenés à formuler notre thème pastoral comme suit : « Makuku matatu, efforçons-nous de connaître notre Eglise » ; « Makuku matatu, tuzabanu, tuvisanu, tuvisikisanu mbi bio di…Dibundu » ; « Makuku matatu, betufuana zaba, kuvisa, mpe kuvisikisa nini ke Dibundu ». Il s’agissait de mettre en oeuvre une pédagogie initiatrice basée sur la mobilisation, la conscientisation, la sensibilisation grâce à l’information et à la formation.

Qu’avons-nous fait ? L’évaluation sur la pratique de notre thème pastoral au terme de cette année nous révèle des acquis positifs qu’il convient d’encourager :

Des célébrations de mariage et des jubilés matrimoniaux

Des professions religieuses

Des ordinations diaconale et sacerdotale

Diverses actions auprès des jeunes

La célébration du 50ème anniversaire de la Légion de Marie dans le diocèse

La célébration du 50ème anniversaire de la Ligue du Sacré à la paroisse de Kuimba

Confirmations

Des visites pastorales dans les paroisses et dans les écoles

Des réunions et rencontres diverses sur des questions économiques, question de santé, question de Justice et paix, question de préparation aux élections

Des réalisations concrètes dans certaines paroisses et communiquées, fruit de la concertation de Makuku matatu : constructions, équipements de paroisses ou commununautés.

Il faut, néanmoins, noté des insuffisances non négligeables :

difficulté de collaboration entre nous : les règles de travail en équipe sont souvent méconnues ;

manque de concertation dans la prise de décisions, d’où autoritarisme et centralisation ;

de grandes décisions sont prises sans prévoir des mécanismes de suivi ;

manque de vision d’ensemble ; 

manque de transparence et de rigueur dans la gestion des biens de l’Eglise ;

gestion émotionnelle de certaines situations ecclésiales ;

certains laïcs, membres des commissions et conseils, s’érigent en « policiers » devant rechercher toutes les faiblesses des prêtres et religieux, au lieu de se consacrer à leur travail ; 

lenteur dans l’administration, notamment dans l’envoi des rapports ;

peu de programmation pastorale et fuite des responsabilités ;

certains laïcs « sanctionnent » tel ou tel autre pasteur en refusant d’honorer de leur présence dans les activités programmés ;

manque de vérité dans les relations et l’exécution des tâches que la communauté ecclésiale confie à l’un ou l’autre ; 

manque de sens de référence : certains Responsables ignorent ce que font les autres dans leurs makuku ; 

absentéisme de certains prêtres ;

on déplore un manque de bon témoignage (mœurs) de la part de certains prêtres et religieux, ce qui  décourage l’engagement ecclésial des fidèles et encourage malheureusement la prolifération des sectes farouchement opposées à l’Eglise catholique ;

certains prêtres, religieux et laïcs manifestent peu d’intérêt pour la formation permanente et sessions, entravant ainsi le suivi de différentes sessions.

Chers frères et sœurs,

Malgré nos insuccès, notre foi chancelante, nos tendances égoïstes et nos sentiments qui, par certains côtés, accusent une rivalité certaine entre les « makuku », le Seigneur ne cesse de nous dire, comme aux Apôtres, fatigués d’avoir pêché toute la nuit sans succès : «  jetez le filet au large ». C’est heureux de constater que nous sommes habités par une soif de plus en plus grande de voir se concrétiser, dans la pratique ecclésiale, les valeurs que veut promouvoir la symbolique de makuku ma tatu matelimina nzungu. Nous voulons en effet  plus de solidarité, davantage de concertation et de co-responsabilité entre les trois makuku sans oublier un sens accru du bien commun. C’est pourquoi, après avoir consulté différentes composantes de notre Eglise locale et au terme de la réunion d’hier avec l’Equipe de Coordination pastorale élargie, nous retenons comme objectif principal pour cette année la mise en pratique d’une des valeurs-clés de notre option pastorale fondamentale, à savoir la co-responsabilité. Aussi le thème pastoral de cette année se formule-t-il comme suit : « Makuku matatu, dans la collaboration, bâtissons au mieux notre Eglise » ; « Makuku matatu, na kinthuadi, betu tunga Dibundu ya betu » ; « Makuku matatu, mu kithuadi, tutunganu Dibundu dietu  ».

Oui, notre diocèse a plus que jamais besoin d’une nouvelle génération de chrétiens, qu’ils soient prêtres, religieux, religieuses ou laïcs. Une nouvelle génération par ses méthodes, ses programmes, son enthousiasme prophétique, sa solidarité et sa collaboration ecclésiales, son esprit créatif ou mieux sa fervente imagination dans l’élaboration et l’exécution des programmes pastoraux. Parce qu’il est Eglise-Famille de Dieu, notre diocèse doit intensifier la pastorale de co-responsabilité, ce qui requiert une bonne circulation de l’information, une écoute mutuelle, une discussion fraternelle en vue de trouver un consensus. Tout cela nécessite une formation et une initiation aux techniques de collaboration ecclésiale, aux méthodes de travail en équipe et au sein de l’Eglise. Les sessions de cette année pastorale porteront principalement sur l’animation des Conseils pastoraux paroissiaux et les Conseils paroissiaux pour les Affaires Economiques.

Chers frères et sœurs,

Abandonnons les discours creux et engageons sur le chemin d’une concrète coresponsabilité. Les deux points dont j’ai parlé le jour de l’ordination presbytérale, le 29 août dernier, à savoir la réalisation de la radio diocésaine et la préparation responsable aux prochaines élections sont parmi tant d’autres terrains où doit se manifester notre coresponsabilité ecclésiale. Les lettres qui demandent votre contribution pour la construction du pylône pour l’antenne de la radio sont déjà entre les mains de vos curés. Les sessions pour une plus grande prise de conscience de notre devoir civique de faire un bon choix de nos responsables politiques sont programmées : efforçons-nous d’y prendre part. Je ne cesse de le répéter : ce pays a besoin d’hommes et de femmes forts, amoureux de leur nation, capables de sacrifices et de sens du bien commun : voilà les critères de notre vote. Soyons vigilants ; ne nous laissons plus tromper par des apparences ni intimider par des menaces de toutes sortes.

Bampangi ya munu, Mbote na benu yonso !

Yenge…Zola…Zola…Kiese !

Alleluia…Amen !

Kilumbu ya lumingu yayi, beto me banda officiellement mvula pastorale ya impa. Lokola meto mezaba, Dilungu ya ngudi ya diocèse ya betu ya kele kaka « Makuku matatu ma telimina nzungu ». Ya kele kifuanusu zona tuba ti diocèse ya betu kele dikanda ya Mfumu Nzambi. Yawu yina betu fuana sungimina bambelo yina ke monisa ti beto kele bampangi na mpangi : luzingu ya kinthuadi, ya kukutasanaka samu na kubaka bangindu nsika mosi, ya kundima kiyekua muntu na muntu nsika mosi mpe ya kuzaba kutanina bima ya bantu yonso.

Année pastorale 2003-2004 dilongi ya ngudi me kuma : « Makuku matatu, efforçons-nous de connaître notre Eglise » ; « Makuku matatu, tuzabanu, tuvisanu, tuvisikisanu mbi bio di…Dibundu » ; « Makuku matatu, betufuana zaba, kuvisa, mpe kuvisikisa nini ke Dibundu ». Mvula mvimba me luta : a nini beto me-sala ? Mvula yamona me-banda bubu, a nini beto ke’kuiza sala ? Betu mezaba ti « Dibundu-dikanda » zona longisa nguizani, lubundanu, ekenge na muninga, kivuvu mpe kiambu. Na kutunga Dibundu ya mutindu yayi, ya’kena kulomba ti banganga-nzambi, bamamelo, bafrères mpe balaïcs, basala nsika mosi. Konso mukristu, yandi vutukisa na Bible samu yandi kukisala lokola disu, lokola dikutu, lokola diboko, lokola makulu na nzutu ya muntu (cf 1Co 12,12-30).

Bampangi ya munu, Mbote na benu yonso !

Yenge…Zola…Zola…Kiese !

Alleluia…Amen !

Basessions yonso salamaka to kena kusalama na diocèse, me-monisa ti bangolo ya kuzona fuanisila kisalu ya kele, kansi betu kuma ntete vana ve. Yakieleka, kusala na kinthuadi ya kele mpasi : mingi na kati ya betu na Dibundu ke’salaka bawu mosi mpe ke’bakaka ba décisions na kuyuvusa ata na muntu mosi ve ; mingi me-kumaka bapoliciers na kusosa kaka yina ke’buisa to imbi ya banganga-nzambi, ya bamamelo, ya bafrères to ya balaïcs na kutala ata fiote ve kiyekua yina ya bawu mosi ; mingi kena kutina biyekua ya bawu ; bukieleka ke’diaka ve na mutindu ya betu ya kuzingila betu na betu mpe na mutindu ya kusadila bisalu yina Dibundu ke’pesa betu.

Yawu yina, Dibundu na diocèse ya Boma, awa ti yandi zona vuanda dikanda, yandi kena na nfunu ya bantu yina zona sala na kinthuadi. Yawu yina betu longuka mpe betu zaba mutindu ya kusadila na kinthuadi na dikanda. Yawu yina, betu kena nfunu ya basessions yina me-tala dilongi yina ke’pesa mvutu na bantsatu yina betu kele na yawu. Pidina, samu na kufuanisa mbelo yayi ya kisalu na kinthuadi na dikanda, betu lenda tuba ti, samu na mvula yayi, dilongi ya betu ya ngudi wana :  « Makuku matatu, dans la collaboration, bâtissons au mieux notre Eglise » ; « Makuku matatu, na kinthuadi, betu tunga Dibundu ya betu » ; « Makuku matatu, mu kithuadi, tutunganu Dibundu dietu  ». Diambu ya ngudi kele : luzingu ya kinthuadi, ya kukutasanaka samu na kubaka bangindu nsika mosi, ya kundima kiyekua muntu na muntu nsika mosi mpe kuzaba kutanina bima ya bantu yonso.

Samu ti betu lunga na kisalu yayi, bampangi ya munu, betu fuana ndima penza makaba ya mutindu na mutindu yina Nzambi pesaka na konso muntu, na kusalasana mpe na kubutisa, konso muntu na yina me-tala yandi, dikaba na yandi. Yonso yayi betu lenda yawu ve na ngolo ya betu mosi. Ngrasia ya nzambi fuana yadila betu.

Bampangi ya munu ya luzolo,

Bika Nzambi Mandangamanga yandi dukudila beno lusakumunu na yandi. Sika mosi na Muana Mariya, beto ku kitambika mvimba na maboko ya Muana-Nzambi. Mvula yonso yayi, na nzila mpe konso kilumbu na balukutakanu ya beto, beto ke’kuiza tebuka ntima dilongi ya beto ya ngudi : « Makuku matatu, na kinthuadi, betu tunga Dibundu ya betu ». Amen.

 

Boma, Cathédrale, le 26 septembre 2004

Mbuka Cyprien, cicm

Évêque de Boma