33e Dimanche du temps ordinaire

Ouverture de l’année pastorale 2009-2010

Homélie

Dn 12, 1-3 ; He 10, 11-14, 18 : Mc 13, 24-32

 

Chers frères et sœurs,

1.     Comme d’habitude, en plus des fidèles de ce lieu, la paroisse saint Charles Lwanga de Boma Kabondo, nous sommes rassemblés ici,  avec tous les curés, administrateurs parois­siaux et administrateurs des quasi-paroisses ainsi que divers animateurs pastoraux, notamment aumôniers diocésains, représentants des MAC, membres de l’Equipe Diocésaine de Coordination pastorale, Supérieures et Supérieurs des Congrégations travaillant dans notre diocèse pour l’ouverture, en diocèse. C’est ici que tous ces agents pastoraux entendent le message essentiel de cette année pas­torale, pour qu’à leur tour ils le répercutent auprès de leurs fidèles, lors de l’ouverture de l’année pastorale en paroisses le 22 novembre, dimanche de Christ Roi de l’Univers.

Chers frères et sœurs,

2.     Ecoutons d’abord ce que nous dit la Parole de Dieu de ce dimanche. Le livre de Daniel décrit un profond message d’espérance : les justes sont appelés à la vie éternelle.  Ainsi va se préciser la joie en la résurrection des morts.  La puissance divine va se déployer  dans le triomphe du combat cosmique entre Dieu t les forces du mal. La Lettre aux Hébreux montre que, Jésus, par sa mort, est devenu le chef qui nous conduit au salut.  Jésus est parvenu au terme : en lui les péchés sont pardonnés, en lui les homes sont déjà près de Dieu.  Dans l’Evangile selon Saint Marc, Jésus annonce son retour à la fin des temps.  Nous avons à nous y réparer dès maintenant.  Pour raffermir la foi de sa communauté chrétienne  secouée par la persécution, Marc  rappelle que l’histoire est toute entière marquée par son terme : la venue du Christ, le fils de l’homme.

3.     En résumé, la Parole de dieu d’aujourd’hui nous révèle qu’au-delà de la détresse et des persécutions, il y a triomphe de la vie sur la mort en Jésus Christ.  Jésus viendra avec grande puissance et grande gloire. Il faut savoir interpréter  les évènements  pour découvrir les signes avant coureurs de son triomphe final.

Bien aimés du Seigneur,

4.     Les signes des temps, ce sont les événements que nous vivons chaque jour, c’est, entre autres, la manière de vivre notre thème pastoral. Depuis l’année pastorale 2001-2002, nous sommes animés de la volonté de voir s’affermir dans notre diocèse l’ecclésiologie illustrée par la symbolique culturelle kongo de Makuku matatu matelimina nzungu, en soulignant les valeurs de solidarité, de collaboration, de coresponsabilité et de sens du bien commun. Pour l’année pastorale 2008-2009 nous avons pensé qu’il était nécessaire d’insister sur trois points : 1) affermir notre foi ; 2) témoigner de Jésus-Christ dans nos vies ; 3) rester fidèle au Christ même malgré les difficultés. Ainsi, pour répondre à ces exigences, nous avons défini notre thème pastoral de l’année passée en ces termes : « Makuku matatu matelimina nzungu, soyons des chrétiens adultes, convaincus et engagés » ; « Makuku matatu matelimina nzungu, betu vuanda bakulutu na lukuikinu na kumonisa mpe ku sadila yawu » ; « Makuku matatu matelimina nzungu, tubanu bakristu bayela mu luwiluku, baduka ayi bansala ».

5.     Un objectif principal avait été fixe pour la mise en œuvre de cette préoccupation pastorale, à savoir organiser la catéchèse pour les adultes en leur inculquant les grands piliers de la foi. Les agents pastoraux devaient se donner corps et âme pour cette catéchèse. Celle-ci catéchèse est appelée à produire des fruits visibles dans la vie des fidèles. Concrètement : 1) une conscience plus vive de la part des prêtres comme premiers témoins de la vie de foi ; 2) augmentation des mariages religieux tant en nombre qu’en qualité ; 3) une pastorale de proximité plus intense de la pat des prêtres ; 4) une plus grande prise de conscience de la part des membres des MACs et Chorales qu’ils font partie du diocèse, de la paroisse et de la CCVB ; 5) une plus grande générosité dans la collecte des fonds pour le diocèse ; 6) un effort de définir un projet pastoral et économique ; 7) une mise en œuvre de la pratique du  jumelage des paroisses.

Bien aimés du Seigneur,

6.     Comme à la fin de chaque année pastorale, diverses instances diocésaines se sont retrouvées à différents niveaux et en dernier lieu autour de l’évêque pour répondre à la question : ou en sommes-nous a la fin de l’année pastorale ces résolutions ? Nous avons constate que quelque chose se fait : les visites pastorales ont lieux, les sacrements sont administres (baptêmes, première communion, eucharistie, confession, confirmations, mariages, onction des malades, ordination), les professions religieuses n’ont pas manque, la collecte des fonds a eu une légère augmentation par rapport à l’année passée, des paroisses réalisent des projets d’autofinancement et autres réalisations ecclésiales, le jumelage des paroisses a effectivement démarré, quelque chose a été fait dans le concours diocésain des chorales.

Chers frères et sœurs,

7.     Reconnaissons cependant que tous ces efforts sont encore fragiles, elles révèlent : la vie ecclésiale se meurt dans les CEVB et les Sous-postes, au sein desquels les jeunes sont peu présents ; le jumelage est encore une affaire de visite des chorales ou des visites de quelques membres sans trop d’engament dans la vie ecclésiale des paroissiales respectives ;  les fideles ont encore soif de voir plus souvent leurs prêtres les réconforter dans la vie chrétienne comme dans leurs besoins humains.

8.     Après avoir échangé avec plusieurs instances pastorales diocésaines nous avons pensé qu’il était nécessaire de continuer à approfondir le même thème pastoral de l’année passée tout en mettant. Nous voulons, en effet, continuer de nous rappeler que  tous devons être des chrétiens adultes, convaincus et engagés. Oui, cela est nécessaire, car c’est depuis bien longtemps que l’évangile a été accueilli chez nous ; notre diocèse a déjà célébré son centième anniversaire d’existence ; cette année, Boma célèbre son jubile d’or comme diocèse Cinquante ans, nous sommes des adultes dans la foi, nous devons le manifester dans notre vie chrétienne quotidienne. Pour mieux approfondir notre foi, nous voulons, pour cette année pastorale, nous voulons mettre l’accent sur la vie des CEVB, des Sous-postes, des communautés chrétiennes des villages. C’est la que nous devons inculquer la foi chrétienne par une catéchèse assidue, en y créant des espaces ou chacun selon ses dons peut s’exprimer et s’engager. La CEVB, le Sous-poste, la communauté chrétienne du village doit être un lieu où les gens se connaissent, s’aiment, s’entraident, sont solidaires les uns des autres dans les joies comme dans les peines, sont attentifs les uns aux autres, surtout aux démunis, malades et abandonnes. C’est dans les CEVB et les Sous-postes et Communautés chrétiennes du village que nous apprenons le sens d’appartenir a l’Eglise Famille de Dieu ; cette plus grande prise de conscience de notre appartenance a l’Eglise nous conduira a une plus grande générosité envers l’Eglise dans ses besoins, nous comprendrons le sens du jumelage des paroisses comme un lien ecclésial qui doit se développer dans plusieurs formes. En effet, Dans le concret, ces relations multiformes pourraient se traduire, par exemple par des visite entre différents groupes des paroisses jumelées (consacrés, membres des conseils paroissiaux, chorales, mouvements d’action catholique, jeunes, etc.), lesquelles visites pourraient s’organiser autour d’une action spirituelle, culturelle ou assortie d’un appui matériel. Elles pourraient aussi, et c’est peut-être plus important et significatif dans notre cas, prendre la forme d’un appui matériel ou financier entre les paroisses jumelées, la « jumelante » supposant aider la « jumelée » à améliorer sa situation matérielle, tout en rappelant que la paroisse « jumelée » peut apporter aussi quelque chose à sa « jumelante ». L’appui matériel ou financier lui-même sera multiforme :  promotion des mini-projets d’autofinancement ( à titre indicatif : l’élevage, la boulangerie, la pisciculture, le petit commence (congélateur…), pouvant aider les paroisses moins viables à ne pas croire assez facilement qu’elles sont si pauvres qu’elles ne peuvent rien entreprendre ; elles doivent donc « éviter de croiser les bras ! » ; soutien régulier envers les paroisses les plus en difficultés ( à titre d’exemple, remise mensuelle ou bimensuelle de : 1 sac de riz, 1 sac de sucre, 1 boîte de lait, des ingrédients, 1 carton de savon, du carburant, 1 sac de sel, etc.).

Chers frères et sœurs,

9.     Pour cela,  nous mettrons en œuvre une pastorale de proximité et de participation de tous. Le prêtre doit se faire disponible, non seulement par la parole et les sacrements à annoncer, mais aussi  par le témoignage et l’exemple de vie et d’engagement concrets : se faire l’homme de tous dans les peines comme dans les joies. Les laïcs apporteront leur soutien a l’action des prêtres et à leur niveau ils appuieront la catéchèse inculquée aux fidèles. Les parents, en ce qui concernent la catéchèse comme les écoles, doivent jouer un rôle important pour l’éveil de la foi. L’Equipe Permanente du Centre Pastoral et l’Equipe Diocésaine de Coordination Pastorale ainsi que les cures doyens devront, dans les semaines qui suivent, sortir des orientations et directives relatives a l’identité des CEVB et de leur fonctionnement. Nous espérons un jour organiser un forum diocésain sur la vie des CEVB dans notre diocèse.

Bien aimés du Seigneur,

10.                        Pour terminer, je voudrais vous annoncer quelques événements : la clôture du jubile d’or de notre diocèse n’aura plus lieu le 13 décembre a Boma Sacré-Cœur, mais a la Cathédrale à la fête de l’Epiphanie ; les ordinations diaconales et presbytérales auront désormais lieu au 2e dimanche du mois de juin, les nominations seront publiées dans la semaine qui suit les ordinations, la clôture et l’ouverture de l’année pastorale le 2e dimanche de septembre. Nous les prêtres n’oublions pas que nous sommes en année sacerdotale, ravivons sans cesse le don spirituel que nous avons reçu par l’imposition des mains de l’évêque, à vous chers fideles laïcs et consacrés, priez pour que vos prêtres soient fidèles à leur vocation. A nous tous, préparons-nous comme il convient à célébrer le jubilé d’or de notre pays. Le mot d’ordre : bannissons la corruption sous toutes ses formes.

11.                        Puisse le Seigneur bénir chacun d’entre vous au cours de cette nouvelle année pastorale. A tous et a chacun : une fructueuse année pastorale. Amen.

 

Boma Saint Charles Lwanga

  le 15 novembre 2009

Mbuka Cyprien, cicm

Évêque de Boma