25e Dimanche du temps ordinaire C

Ouverture de l’année pastorale 2010-2011

Homélie

Am, 8, 4-7; 1 Tm 2, 1-8; Lc 16, 1-13

 

Chers frères et sœurs,

 

1.   Le dimanche passé, 12-09-2010, les fidèles de la paroisse Bon Pasteur, Boma Km8 ont accueilli tous les curés et administrateurs paroissiaux ainsi que divers animateurs pastoraux, notamment les aumôniers diocésains, les représentants des MACs, les membres de l’Equipe Diocésaine de Coordination pastorale, les Supérieures et Supérieurs des Congrégations travaillant dans notre diocèse pour l’ouverture, en diocèse, de la nouvelle année pastorale, 2010-2011. C’est là que tous ces agents pastoraux ont entendu le message essentiel de cette année pastorale, pour qu’à leur tour ils le répercutent auprès de leurs fidèles, lors de l’ouverture de l’année pastorale en paroisses en ce dimanche du 19 septembre 2010.

Chers frères et sœurs,

2.   Ecoutons d’abord ce que nous dit la Parole de Dieu de ce dimanche. Dans la première lecture, le prophète Amos dénonce avec force les injustices de son époque, marquée par de graves disparités sociales ; il critique violemment les gens qui s’enrichissent sur le dos des pauvres ; il nous révèle que Dieu condamne sévèrement cette pratique. Dans sa deuxième lettre à Timothée, saint Paul invite les fidèles à prier pour tous les hommes, spécialement pour les Chefs d’Etat et ceux qui assument des responsabilités au sein de la communauté, car tous sont appelés au salut. L’Evangile prévient du danger de l’argent ; s’il faut chercher l’argent, c’est non seulement pour soi-même mais aussi pour partager et aider les pauvres ; c’est alors qu’on se prépare à être bien accueilli dans le Royaume de Dieu. Jésus n’approuve pas la fraude, le mensonge et le vol du gérant malhonnête, mais il loue sa débrouillardise et son habilitée.

3.   En résumé, la Parole de Dieu nous prévient : on n’a pas à se réjouir de la fraude, ni à s’y complaire ; il faut la combattre, car celui qui a triché, trichera ; celui qui volé un peu volera davantage. La Parole de Dieu nous invite donc à être justes et honnêtes bien sûr, mais également habiles et débrouillards, pleins d’imagination et de créativité.

Fils et Filles de Dieu,

4.   Comme vous le savez, notre ferme volonté est de voir s’affermir dans notre diocèse l’ecclésiologie illustrée par la symbolique culturelle kongo de Makuku matatu matelimina nzungu, en soulignant les valeurs de solidarité, de collaboration, de coresponsabilité et de sens du bien commun. La Parole de Dieu nous est parvenue depuis longtemps, nous avons cependant constaté l’année passée que la vie chrétienne dans les communautés ecclésiales vivantes de base (CEVB) continuait à sommeiller. C’est pourquoi nous avions décidé de retenir le même thème pastoral qu’avant, c’est-a-dire ; être des chrétiens adultes, convaincus et engagés. Mais au regard de ce que nous avons vécu, que pouvons-nous dire aujourd’hui ?

Chers frères et sœurs,

5.   Comme à la fin de chaque année pastorale, diverses instances diocésaines se sont retrouvées autour de l’évêque pour évaluer le thème de l’année pastorale qui s’achève. C’est vrai : les sacrements sont administrés (baptêmes, première communion, eucharistie, confession, confirmations, mariages, onction des malades, ordination), les professions et jubilés religieux n’ont pas manqué, Des membres des MACs et Chorales aident les paroisses dans leurs besoins divers, des paroisses se rendent mutuellement visite, des réunions ont lieu dans les paroisses et au diocèse, l’évêque et les prêtres visitent les fideles, plusieurs paroisses réalisent des projets d’autofinancement.

Chers frères et sœurs,

6.   Reconnaissons cependant que la vie ecclésiale dans les CEVB a grandement besoin d’être redynamisé: les jeunes désertent les CEVB pour trouver mieux dans les sectes ; solidarité, concertation et coresponsabilité sont des valeurs vécues de moins en moins dans les CEVB, et l’engagement civique pour le bien-être communautaire laisse à désirer.

Bien-aimés de Dieu

7.   C’est pourquoi, après avoir échangé la semaine passée avec plusieurs instances pastorales diocésaines nous avons pensé qu’il était nécessaire de continuer à approfondir la vie chrétienne au sein des CEVB, et travailler au bien-être de notre pays. C’est ainsi que le thème pastorale de cette année se formule comme suit : « Makuku matatu matelimina nzungu : Soyons des Chrétiens adultes et engagés pour le progrès de nos CEVB et le bien-être de notre pays » ; « Makuku matatu matelimina nzungu : betu vuanda bakristu ya kuyela mpe ke sala samu na kunievisa Bimvuka mpe insi ya betu » ; « Makuku matatu matelimina nzungu : tubanu bakristu bayela ayi bansala  mu nievisa zikhanda tsisi zietu ayi tsi etu ».

Bien-aimés du Seigneur

8.   Ici je voudrais que nous nous arrêtions un peu pour réfléchir sur les paroles « makuku matatu matelimina nzungu » que certains considèrent à tort comme étant le thème pastoral. En effet, en lançant ces paroles nous entendons rappeler à chacun que tous (prêtres, religieuses, religieux et laïcs) nous devons travailler ensemble pour promouvoir le message que nous avons retenu. C’est dire aussi que le message ainsi retenu doit être assumé de façon solidaire. « Makukua matatu matelimina nzungu » est une manière de nous réveiller et de nous inviter à veiller de telle sorte que ce que nous voulons entreprendre concerne les trois piliers du diocèse, sans exclure personne. Concrètement, cette année, par exemple, notre thème pastoral est : « soyons des chrétiens adultes et engagés pour le progrès de nos CEVB et le bien-être de notre pays ».

Chers frères et sœurs,

9.   S’agissant de CEVB, tous nous devons faire en sorte qu’elles deviennent des lieux de prière, d’entraide, de solidarité, de coresponsabilité, de partage des joies et des peines, d’attention aux démunis, de concertation et de travail en équipe. La CEVB doit être pour nous notre famille. Nos ancêtres ont dit : « Ukambu dikanda, mvika ». Celui qui n’a pas de famille est un esclave avec toutes les conséquences négatives réservées à l’esclave. Nos ancêtres ont également dit : « Lu muana wedi lufuila ko, lu nkasi wedi lufuila ko, lu kanda wedi lufuila ko, lufua mbi wela fuila ? Ce proverbe met en évidence le devoir et l’engagement vis-à-vis de ses racines ; chacun doit avoir des racines. Et cet engagement peut aller jusqu’au sacrifice suprême.

10.                     Concernant l’engagement au bien-être de notre pays : il nous faut aimer tout ce qui aide notre pays à se développer ; il nous faut abandonner la pratique de la corruption, nous aimer les uns les autres, nous respecter mutuellement. Si nous aimons notre pays ainsi que notre milieu de vie et de travail nous devons poursuivre ce que nous avons commencé par l’acte d’enrôlement ; ceci est déjà un signe positif et bénéfique, mais ne nous arrêtons-pas là, allons jusqu’au bout. En effet, la carte d’enrôlement n’est pas une carte de simple identification pour faciliter nos déplacements ou obtenir des avantages personnels, mais cette carte nous ouvre la porte pour les élections. Si nous aimons notre pays, notre milieu de vie et de travail, nous devons nous rendre aux votes. Ne pas aller aux votes, nous courrons le risque de ne pas avoir de députes, de sénateurs, de ministres originaires de chez nous, conséquence : nous n’aurons personne pour défendre nos intérêts dans nos divers besoins. Nos ancêtres ont dit : Kusiami kutuama waku.  

Bien-aimés du Seigneur,

11.                     Pour ce faire,  nous insistons de nouveau sur la mise en œuvre d’une pastorale de proximité et de participation de tous. Nous rappelons aux prêtres de continuer de se faire disponibles, non seulement par la parole à annoncer et les sacrements à administrer, mais aussi  par leur témoignage et leur exemple de vie et d’engagement concrets : se faire l’homme de tous dans les peines comme dans les joies. A nos frères et sœurs laïcs et membres de la vie consacrée nous rappelons aussi de continuer à apporter leur soutien à l’action des prêtres ; à leur niveau ils appuieront la catéchèse enseignée aux fidèles. L’Equipe du Centre Pastoral ainsi que les curés doyens continueront le travail commencé sur les orientations et directives relatives à l’identité des CEVB et de leur fonctionnement.

Chers frères et sœurs,

12.                     Pour terminer, je voudrais vous annoncer quelques événements  futurs: la célébration du jubilé de diamant (75 ans) de la paroisse sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Mbata-Mbenge le 3 octobre ; la célébration du jubilé d’argent (25 ans) de la paroisse Mama ya Luzingu, Boma Mbangu, le 12 décembre ; les jubilés d’or (50 ans) en 2011 des paroisses Notre Dame des pauvres de Tshela Mbanga et de Boma Sacré-Cœur, Boma II. Je voudrais vous signaler aussi que pour des raisons pratiques la célébration du centenaire de la paroisse Sacré-Cœur de Vaku prévue pour le 26 septembre 2010 est reportée à l’année prochaine à une date qui vous sera communiquée ultérieurement.

Bien-aimés du Seigneur,

13.                     Puisse le Seigneur bénir chacun d’entre vous au cours de cette nouvelle année pastorale. A tous et a chacun : une fructueuse année pastorale. Amen.

 

Mbuka Cyprien, cicm

Évêque de Boma