Message de P‚ques 2011

« Soyez sans crainte...Il est ressuscité ! » (cf. Mc 16, 6) »     

       

Chers frères et sœurs,

1. Cette parole de l’ange qui rassure les saintes femmes toutes tremblantes annonce la joie de Pâques. Oui, c’est le moment, l’heure est venue de crier de nouveau: Alléluia ! Amen ; Il est vivant…Il est ressuscité ; Il est ressuscité…Il est présent parmi nous ; Qui ? Jésus ; Où ? Dans nos cœurs.

Chers frères et sœurs,

1.Ce n’est pas pour rien que la liturgie pascale commence par la bénédiction du feu dont nous nous servons pour allumer le Cierge pascal, lumière qui nous rassemble, signe de la fête et de la joie. Le chant qui ouvre la nuit pascale est tout empreint d’accents joyeux : « Exultez de joie, multitude des anges ; exultez, serviteurs de Dieu ; sonnez cette heure triomphale et la victoire d’un si grand roi. Sois heureuse aussi, notre terre, irradiée de tant de feux, car il t’a prise dans sa clarté et son règne a chassé la nuit ».

 

Bien-aimés du Seigneur,

 

  1. Comme pour chacun de mes messages de Pâques, je voudrais saisir cette occasion pour affermir votre foi en la résurrection du Christ en ayant les yeux tournés sur notre vie. L’un des points qui marque aujourd’hui le peuple congolais c’est la préparation aux élections. Aussi est-il juste de se poser cette question : quel message la résurrection du Christ nous adresse-t-elle en cette année électorale ? Comme nous venons de l’entendre proclamer, la Parole de Dieu met en évidence la puissance libératrice de Dieu. Le mot Pâque lui-même vient de la langue des Juifs qui se dit «pesah», mot rendu dans la langue des Grecs par «paska». Chez les Juifs ce mot signifiait «passage», en référence au passage de Jahvé qui, la nuit où Il frappa les premiers-nés de l’Egypte, fit sortir Israël de l’esclavage en Egypte à la liberté. Ainsi, dans sa Pâque, Christ nous libérer de nos prisons, prison de la haine, des injustices, de la guerre, de la corruption, du tribalisme, de l’orgueil, de l’ignorance, de la pauvreté, de la misère, de l’envie, de la jalousie, et prison de tous ces maux qui rongent les personnes, la société et nos Eglises.

 

  1. La Parole de Dieu en cette veillée pascale et en ce jour de Pâques nous aide à répondre à cette question. Le livre de la Genèse nous parle de la création du monde et de tout ce qu’il renferme. Le livre de l’Exode nous relate la libération du peuple hébreu de l’esclavage en Egypte. L’Epitre aux Romains nous rappelle que par notre baptême nous sommes passés de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière. Le prophète Ezéchiel suscite l’espérance du peuple juif en lui annonçant que Dieu le purifierait de ses péchés et qu’il en ferait un peuple nouveau. Les Actes des Apôtres mettent en évidence la puissance de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. Dans sa lettre aux Colossiens, saint Paul fait comprendre à ses fidèles que ressuscités avec les Christ ils doivent désormais rechercher les réalités d’en haut, là ou le Christ est assis à la droite de Dieu. Les divers textes évangéliques apportent le même message : Celui que les Juifs ont crucifié et enterré est à jamais vivant, grâce à la puissance de Dieu.

Chers frères et sœurs,

  1. Comme nous pouvons le remarquer, la Parole de Dieu proclamée la veillée pascale et le jour de Pâques met en évidence la puissance libératrice de Dieu. Le mot Pâque lui-même vient de la langue des Juifs qui se dit «pesah», mot rendu dans la langue des Grecs par «paska». Chez les Juifs ce mot signifiait «passage», en référence au passage de Jahvé qui, la nuit où Il frappa les premiers-nés de l’Egypte, épargna les maisons des Israélites parce que le linteau et les montants de leurs portes étaient teints du sang de l’agneau (Ex 12, 13.23). C’est ce passage de Dieu qui fit sortir Israël de l’esclavage en Egypte à la liberté, c’est ce passage de la mort à la vie que les Juifs commémoraient annuellement, entre autres, dans la fête de Pâque. En définitive, la résurrection du Christ vient nous libérer de nos prisons, prison de la haine, des injustices, de la guerre, de la corruption, du tribalisme, de l’orgueil, de l’ignorance, de la pauvreté, de la misère, de l’envie, de la jalousie, et prison de tous ces maux qui rongent les personnes, la société et nos Eglises.
  2. A son arrestation, Christ est abandonné par tous ses disciples et ses amis; même ceux qui ont profité de lui l’ont tous abandonné. La première mission que réalise le Christ ressuscité est de pardonner à tous, de les rassembler autour de lui et de les envoyer en mission pour qu’à leur tour ils rassemblent tous les humains en une seule famille.

Chers frères et sœurs,

  1. Avec la résurrection du Christ ceux qui étaient dispersés sont maintenant rassemblés ; ceux qui étaient désunis, sont maintenant unis ; ceux qui avaient peur deviennent courageux et audacieux ; ceux qui ne comprenaient pas l’enseignement de Jésus, accèdent à l’intelligence des Ecritures. Dans la foi au Christ ressuscité, les disciples doivent désormais adopter une nouvelle manière de vivre: ils doivent rendre le bien pour le mal cf. (Lc 6,29), s’armer de patience (Mt 13,24-30;47-50), être animés de l’espérance (cf. Lc 23, 46), ne pas juger les autres (cf. Mt 5, 33-37), aimer ses ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent et vous haïssent (cf. Mt 5, 38-48) ;  se réconcilier (cf. Mt 18, 15-22), savoir pardonner (cf. Mt 18, 23-35),   pratiquer la justice (cf. Mt 5, 6. 10. 20), faire le bien dans la discrétion (cf. Mt 6, 1-8), être simples et humbles (cf. Mc 9, 33-37), être au service les uns des autres (Cf. Mc 10, 35-45; Jn 13, 2-11), s’aimer les uns les autres (cf. Jn 15, 12-17).

Bien-aimés de Dieu,

  1. Tel est le message qui sort du tombeau vide de Jésus à l’aube de Pâques, message de joie, de courage et de libération. Que pouvons-nous en retenir en cette année importante pour notre pays, année des élections ? Tout d’abord,  pour nous tous : travaillons en vérité pour que notre pays soit debout, d’où il nous faut aspirer tous à un état démocratique, au sein duquel règnent la justice, la communion et l’engagement de tous pour le bien commun. L à où il y a corruption ;  là où il y a du profit personnel ; là où il y a course à l’argent et aux honneurs ; là où il y a mensonge, flatterie et démagogie ; là où il y a tribalisme, régionalisme et favoritisme ; là où il y a violence, tracasserie et recours aux armes ; là où il y a orgueil et vantardise ; là où il y a la paresse et le parasitisme il n’y a ni paix ni développement.
  2. Ensuite, à vous nos frères et sœurs politiciens, allez-y, nous sommes derrière vous et nous vous accompagnons dans nos prières. Comme Salomon, ne demandez pas au Seigneur richesse, possessions ou gloire, mort de vos adversaires ou longue vie pour vous-mêmes, mais sagesse et bon sens afin de bien gouverner le peuple (cf. 2 Ch 1, 11). Que cette sagesse et ce bon sens nous donnent déjà dès maintenant des signes tangibles tant par rapport au contenu de votre propagande électorale que dans vos relations avec nous et entre vous.
  3. Enfin, pour nous tous appelés à élire nos futurs Responsables : pensons à des hommes et femmes soucieux du bien de tous et du pays. Un souci qui se manifeste par leur familiarisation avec la population, surtout celle qui est la plus délaissée. Celui qui n’aura pas fait l’expérience de la souffrance aura difficilement des oreilles et des yeux capables de s’éveiller aux problèmes de ceux qui souffrent. Ce pays a trop été dirigé par des hommes et des femmes qui exploitent les pauvres pour assurer leur propre promotion. Avec le temps qui passe, le riz, les haricots, les tricots, les libéralités qui accompagnent la propagande électorale prennent forcément fin ; il faut un autre type de crédit pour garantir la fidélité aux promesses faites. Il ne faut pas qu’au lendemain des élections les politiciens disparaissent de notre environnement et nous laissent seuls avec nos problèmes habituels : routes, eau, électricité, salaires, tracasseries policières et militaires, exploitation fiscale, etc. Mettons nos espoirs sur ceux qui nous côtoient, qui, non seulement entendent parler de nos misères, mais les partagent avec nous, sont touchés par elles et sentent comme nous la nécessité de sortir de la situation ; comptons sur ceux et celles qui ont le sens du pardon et du rassemblement, et qui sont des semeurs de joie. En tout état de cause, l’arbre se juge à ses fruits.

Chers frères et sœurs,

  1. Le message de Pâques nous stimule à vivre notre thème pastoral de cette année : tous, hommes et femmes, jeunes et adultes, prêtres, religieux, religieuses et laïcs, « soyons des chrétiens adultes et engagés pour le progrès de nos CEVB et le bien-être de notre pays».
  2. Puise chacun de vous être temoin de ce message non seulement dans son coeur, dans sa maison mais partout où il va. Et que le Christ ressuscité accorde à chacun de vous le courage et l’audace d’annoncer l’evangile en paroles et en actes. Alléluia.

 

Donné en l’Eglise cathédrale Notre Dame de l’Assomption,

Veillée pascale,  Boma, 23 avril 2011

Mbuka Cyprien, cicm

Evêque de Boma